C'est une revalorisation attendue par toute la profession. Contrairement aux agents titulaires de la fonction publique dont le point d'indice est souvent gelé, les assistants familiaux voient leur rémunération directement indexée sur le SMIC. Avec l'augmentation confirmée au 1er janvier 2026, portant le SMIC horaire brut à 12,02 €, voici concrètement ce que cela modifie sur votre fiche de paie, quel que soit votre département.
Un salaire de base en hausse automatique
La loi Taquet garantit un salaire minimum correspondant à une base horaire du SMIC. Dès ce mois de janvier, le seuil légal est donc mécaniquement relevé.
Ainsi, pour le premier enfant accueilli (base 151,67h SMIC), le salaire mensuel brut minimum passera de 1 801,80 € à 1 823,07 € (soit une hausse d’environ 21 € par mois).
De même, pour chaque enfant supplémentaire accueilli, le minimum imposé par la loi est de 70 heures de SMIC. Avec cette revalorisation de janvier 2026, la rémunération minimale pour chaque accueil supplémentaire augmentera à 841,40 € brut par mois (contre environ 831,60 € précédemment, soit une hausse d’environ 10 € par mois).
À noter : Ces montants sont des planchers nationaux. Si votre département appliquait déjà une rémunération supérieure (par exemple 80h SMIC pour un 3ème enfant), celle-ci augmente également proportionnellement à la valeur du SMIC horaire.
L’indemnité d’entretien revalorisée
L’indemnité d’entretien, qui sert à couvrir les besoins de l’enfant (alimentation, hygiène...), est calculée sur la base du Minimum Garanti (MG). Bien que le montant officiel du MG soit parfois publié avec un léger décalage, la règle est claire : l'indemnité d'entretien ne peut être inférieure à 3,5 fois le Minimum Garanti.
Avec l'inflation et la hausse du SMIC, le Minimum Garanti augmente lui aussi. Si celui-ci suit la tendance de 2%, l'indemnité plancher sera de 14,88 € par jour et par enfant, soit une augmentation de 11 centimes. Rappelons toutefois que cette somme reste souvent juste pour couvrir la réalité des frais, et que les départements ont la liberté (et le devoir moral) de fixer des montants supérieurs au plancher légal pour suivre le coût réel de la vie.
Si, dans votre département, l'indemnité d'entretien est plus élevée que le minimum légal, il se peut que la hausse du MG ne soit pas répercutée.
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Si le montant est fixé en euros, il faudra attendre une délibération volontaire de votre département pour une éventuelle hausse.
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Si le montant est fixé à X fois le MG, la hausse sera alors automatique.
Attention : Ce que la loi donne, les contrats locaux peuvent le reprendre
Si cette augmentation nationale est une bonne nouvelle, elle cache une réalité plus complexe sur le terrain. De nombreux départements tentent actuellement de modifier les conditions de travail pour faire des économies sur le dos des assistants familiaux.
L'exemple critique du Pas-de-Calais (et la vigilance à avoir chez vous)
C'est ce qui se passe actuellement pour les assistants familiaux du Pas-de-Calais, où une situation inédite doit alerter l'ensemble de la profession en France sur l'importance de bien lire les avenants proposés.
1. Le piège du Compte Épargne Temps (CET) Alors que le salaire augmente avec le SMIC, attention aux modalités de votre CET. Dans le Pas-de-Calais, les montants votés pour payer les jours de CET ne tiennent pas compte de l'indexation sur le SMIC. Concrètement : Si vous stockez des jours aujourd'hui et qu'ils vous sont payés dans 2 ans sur une base fixe en euros (et non en heures de SMIC), vous perdez de l'argent car le coût de la vie aura augmenté entre-temps. Exigez toujours que le CET soit valorisé en heures de SMIC.
2. Des avenants qui réduisent les droits Un projet d'avenant au contrat de travail est actuellement contesté par le collectif AF62. Il prévoit notamment :
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Des rémunérations de stage bien inférieures au SMIC.
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Une baisse de rémunération pour le 3ème et 4ème accueil.
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Des clauses de responsabilité personnelle en cas de "défaut de vigilance", très risquées pour notre métier.
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Une clause qui permet de modifier la rémunération des AF par une simple délibération.
Conclusion
La hausse du SMIC au 1er janvier 2026 est un acquis légal essentiel pour maintenir l'attractivité de notre métier. Cependant, ne regardez pas seulement le bas de la fiche de paie. Soyez vigilants sur les avenants que l'on vous demande de signer et les délibérations votées par vos départements.
Dans le Pas-de-Calais, le collectif AF62 se bat pour que ces augmentations ne soient pas annulées par des régressions contractuelles.
Vous êtes du 62 ? Ne restez pas isolés face à l'avenant. Soutenez l'action du collectif et informez-vous avant de signer quoi que ce soit.
> Voir l'analyse complète de l'avenant et signer la pétition